La Toussaint

N’oublions pas nos "Morts"
dimanche 9 octobre 2011
par  Pascal Kpomassi

Chaque année nous nous rappelons de nos morts selon le calendrier chrétien en la date de « la Toussaint ». Cela m’emmène à me poser la question suivante:doit-on se rappeler de nos morts pendant une journée et les oublier pour le reste des 364 jours de l’année ? De toute évidence, je répondrai non.

Le cimetière est aussi considéré dans la croyance africaine comme l’ultime habitat des morts. Pour un Kamit (Noir) de l’époque pharaonique la pire chose qui pouvait arriver à un défunt était la destruction de son âme dévorée par le monstre "avaleur d’âmes" Apohis. Le Juste et le Bon qui marchait dans le chemin de la mâat (vérité et justice) pouvait espérer une seconde vie. Ce qui a persuadé nos ancêtres à affirmer que les morts ne sont pas morts.

La vie est composée de quatre éléments que sont l’Eau, l’Air, le Feu et la Terre. Les hommes et les choses ne naissent et ne meurent qu’en apparence. L’éternité n’ayant point de fin, les hommes vivent de nombreuses fois en des endroits différents. Ma croyance m’enseigne que la vie ne prend pas fin après la mort. Par conséquent la perte d’un être cher doit nous encourager à croire qu’il vit autour de nous dans un état invisible que nous ne saurions toucher, palper, sentir. Dans les croyances Africaines la Mort fait partie intégrante de notre cosmogonie. Personnellement je pense que la vraie Renaissance doit d’abord passer par la renaissance spirituelle, la réappropriation de nos dieux, de nos égrégores, de nos croyances, de nos traditions, de nos cultures, etc. Donc nous devons nous souvenir de nos morts chaque jour que nous en ressentons le besoin par diverses manières que sont les prières, les invocations, les incantations, les offrandes, les sacrifices, etc. ; car l’habitat invisible des morts est aussi celui de plusieurs créatures essentiellement fluidiques comme les génies que d’aucuns appellent « anges ». Je rappelle en passant que l’Afrique (kemet) est le berceau de la religion, le berceau du savoir scientifique, le berceau de la civilisation et pour terminer le berceau de l’humanité comme l’attestent de nombreux témoignages d’éminents scientifiques :
Grâce au témoignage fourni par les cimetières, la période qui précède juste la première dynastie devient, pour la première fois, une époque historique. Un fait étonnant se dégage, absolument contraire à toutes les idées antérieures sur la question : pendant neuf générations au moins, de 3500-3400 à 3200-3100 avant J.C., la Nubie du groupe A fut un État unifié, possédant tous les attributs d’une civilisation — un gouvernement, un pharaon, des fonctionnaires, une religion officielle, une écriture et des monuments — un État assez fort pour unir des peuples qui n’étaient pas de même origine. C’est ainsi que les habitants du Ta-Seti, “le pays de l’Arc”, nom par lequel les anciens Égyptiens désignaient la Nubie, participèrent pleinement et sur un plan d’égalité que personne n’avait jamais soupçonné, à l’irrésistible essor de la civilisation des rives du Nil. [1]
Par conséquent s’il faut choisir entre l’original et la photocopie, le bon sens voudrait que nous choisissons l’original.

Dans les croyances africaines (kamites) nos morts combattent pour nous, nous guident, nous bénissent, nous protègent et j’en passe alors il serait très égoïste et ingrat de ne pas leur renvoyer l’ascenseur car dans le même sens nos croyances nous enseignent toujours qu’ils ont la capacité de nous nuire s’ils se sentent oubliés. Alors j’invite tous les Kamits (noirs ou africains) à un Retour aux sources. La fête des morts ne doit pas être une histoire d’un jour appelé « la Toussaint » mais plutôt d’une manifestation régulière en tout temps et en tout lieux.


[1] Williams Bruce (1986). Excavations between Abu Simbel and the Sudan frontier, part I - The A-group royal cemetary at Qustul : cemetary L, University of Chicago, RIS, BibTeX.


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