Poésies & Chants

dimanche 30 octobre 2011
par  ʒildas kɔtɔmalɛ


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Les morts ne sont pas morts — Souffles (Birago Diop)
dimanche 30 octobre 2011 à 15h03 - par  ʒildas kɔtɔmalɛ
_ Écoute plus souvent
_ Les choses que les êtres,
_ La voix du feu s’entend
_ Entends la voix de l’eau
_ Écoute dans le vent
_ Le buisson en sanglot :
_ C’est le souffle des ancêtres.
 
Ceux qui sont morts ne sont jamais partis
_ Ils sont dans l’ombre qui s’éclaire
_ Et dans l’ombre qui s’épaissit,
_ Les morts ne sont pas sous la terre
_ Ils sont dans l’arbre qui frémit,
_ Ils sont dans le bois qui gémit,
_ Ils sont dans l’eau qui coule,
_ Ils sont dans l’eau qui dort,
_ Ils sont dans la case, ils sont dans la foule
_ Les morts ne sont pas morts.
 
Écoute plus souvent
_ Les choses que les êtres,
_ La voix du feu s’entend
_ Entends la voix de l’eau
_ Écoute dans le vent
_ Le buisson en sanglot :
_ C’est le souffle des ancêtres.
 
Ceux qui sont morts ne sont jamais partis,
_ Ils sont dans le sein de la femme,
_ Ils sont dans l’enfant qui vagit,
_ Et dans le tison qui s’enflamme,
_ Les morts ne sont jamais sous terre,
_ Ils sont dans le feu qui s’éteint,
_ Ils sont dans le rocher qui geint,
_ Ils sont dans les herbes qui pleurent,
_ Ils sont dans la forêt, ils sont dans la demeure,
_ Les morts ne sont pas morts.
 
Écoute plus souvent
_ Les choses que les êtres,
_ La voix du feu s’entend
_ Entends la voix de l’eau
_ Écoute dans le vent
_ Le buisson en sanglot :
_ C’est le souffle des ancêtres.
_ Le souffle des ancêtres morts
_ Qui ne sont pas partis,
_ Qui ne sont pas sous terre,
_ Qui ne sont pas morts.
 
Écoute plus souvent
_ Les choses que les êtres,
_ La voix du feu s’entend
_ Entends la voix de l’eau
_ Écoute dans le vent
_ Le buisson en sanglot :
_ C’est le souffle des ancêtres
_ Il redit chaque jour le pacte
_ Le grand pacte qui lie,
_ Qui lie à la loi notre sort ;
_ Aux actes des souffles plus forts,
_ Le sort de nos morts qui ne sont pas morts ;
_ Le lord pacte qui nous lie aux acte
_ Des souffles qui se meuvent.
 
Dans le lit et sur les rives du fleuve,
_ Dans plusieurs souffles qui se meuvent
_ Dans le rocher qui geint et dans l’herbe qui pleure
_ Des souffles qui demeurent
_ Dans l’ombre qui s’éclaire on s’épaissit,
_ Dans l’arbre qui frémit, dans le bois qui gémit,
_ Et dans l’eau qui coule et dans l’eau qui dort,
_ Des souffles plus forts, qui ont pris
_ Le souffle des morts qui ne sont pas morts,
_ Des morts qui ne sont pas partis,
_ Des morts qui ne sont plus sous terre.
 
Écoute plus souvent
_ Les choses que les êtres...
_

-  Diop Birago _ (1947 _). Les Contes d’Amadou Koumba _, RIS, BibTeX.
-  Diop Birago _ (1960 _). Leurres et Lueurs _, éd Présence Africaine _, RIS, BibTeX.

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