état des lieux linguistique
par

Partons, d’un point de vue linguistique, à la découverte des langues gbé, dont fait parti la langue adja. Pour ce faire, nous allons commencer par (re)-découvrir le Bénin et le Togo, pays concentrant cette famille de langues et où l’on parle aja-gbé. Cette découverte d’avoir géographique se poursuivra linguistiquement, nous permettant d’aprécier la diversité/richesse linguistique (et indirectement culturelle) de cette région d’Afrique. Enfin, nous nous attarderons sur l’unité linguistique kwa, notre sujet de préoccupation principale et essaierons de la cerner brièvement. Nous ne prétendons justement à aucun moment l’exhaustivité car il y a beaucoup à dire et beaucoup a été écrit sur le sujet qui demeure cependant inépuisé.
Présentation géographique du Bénin

- carte d’Afrique situant le Bénin
- situation géographique du Bénin en Afrique et drapeau de la République du Bénin
L’actuelle République du Bénin, ex-Dahomey, est située en Afrique de l’Ouest, dans la zone tropicale entre l’équateur et le tropique du Cancer (entre les parallèles +6°30’ et +12°30’ les méridiens +1° et +30°40’). Elle est limité au nord par le Niger, au nord-ouest le Burkina-Faso, au sud par l’Océan Atlantique, à l’est et à l’ouest par respectivement le Nigéria et le Togo.
Elle s’étend sur une seperficie de 1112 622 km2 ; et est essentiellement en plateaux et de savanes.
Le pays a une population de près de sept millions d’habitants (2006) composés d’une vingtaine d’ethnies autochtones (Adja, Fon, Aïzo, Mahi, Yoruba, Nago, Sonmba, Bariba, Dendi, Peul, Haoussa, Batombu, Waaba, Natemba, etc.) et d’un bon nombre d’étrangers (aussi bien Africains, Asiatiques, Européens et Américains).
Cette population inégalement répartie se concentre au sud où elle atteint 70 %.
Par la loi n° 97-028 du 15 janvier 1999 portant organisation de l’administration territoriale de la République du Bénin, le pays a été redécoupé en douze (12) départements (au lieu de six provinces initialement) et soixante-dix-sept (77) communes (ex Sous-Préfectures et les Circonscriptions Urbaines) :
l’Alibori :
Banikoara,
Gogounou,
Kandi (—chef-tieu),
Karimama,
Malanville,
Segbana.
l’Atacora
Boukombé
Cobli,
Dassari,
Kerou,
Kouandé,
Matéri,
Natitingou (—chef-tieu),
Pehunco,
Tanguieta,
Toucountouna
l’Atlantique :
Abomey-Calavi,
Allada,
Kpomasse,
Ouidah (—chef-tieu),
So-Ava,
Toffo,
Tori,
Ze.
le Borgou
Bembéréké,
Kalale,
N’Dali,
Nikki,
Parakou (—chef-tieu),
Perere,
Sinende,
Tchaourou.
les Collines :
Bante,
Dassa-Zoumé,
Glazoué,
Ouesse,
Savalou,
Save.
le Couffo :
Aplahoue,
Djakotomey.
Dogbo (—chef-tieu),
Klouekanmey,
Lalo,
Toviklin.
la Donga :
Bassila,
Copargo,
Djougou (—chef-tieu).
le Littoral :
Appi,
Cotonou (—chef-tieu),
Dangou,
Miala.
le Mono :
Athieme,
Bopa,
Comé,
Grand-Popo,
Houeyogbe,
Lokossa (—chef-tieu).
l’Ouémé :
Adjarra,
Adjohoun,
Aguegue,
Akpro-Misserete,
Avrankou,
Bonou,
Dangbo,
Porto-Novo (—chef-tieu),
Seme-Podji
le Plateau :
Adja-Ouere,
Ifangni,
Kétou,
Pobe,
Sakété (—chef-tieu).
et le Zou :
Abomey (—chef-tieu),
Agbangnizoun,
Bohicon,
Cové,
Djidja,
Ouinhi,
Manala,
Zagnanado,
Za-Kpota,
Zodogbomey.
Présentation géographique du Togo

- carte d’Afrique situant le Togo
- situation géographique du Togo en Afrique et drapeau de la République du Togo
Le Togo est l’un des plus petits pays de l’Afrique occidentale.
Il couvre 56 600 km2 et s’étend sur environ 650 km de long et 100 km de large au maximum. Situé entre les latitudes 6° et 11° Nord et entre les longitudes 0° et 1°4 Est, ce pays d’Afrique de l’Ouest est limité par le Bénin à l’Est, le Ghana à l’Ouest, le Burkina-Faso au Nord et l’Océan Atlantique au Sud.
Le pays a une population de près de cinq millions d’habitants (1997) composés d’une cinquantaine d’ethnies différentes (Éwés, Ouatchis, Kabiyès, etc.)
Cette population au trois quarts rurale est entrain de devenir urbaine (taux de croissance de 4,4 % contre 2,4 % en 1994) et est surtout concentrée dans la capitale, Lomé.
Du point de vue administratif, le pays est découpé en cinq (5) régionset une commune (Lomé), pour de trentes (30) préfectures :
la région Maritime :
Avé (Kévé),
Golfe (Lomé —chef-lieu),
Lacs (Aného),
Vo (Vogan),
Yoto (Tabligbo),
Zio (Tsévié).
la région des Plateaux :
Agou (Agou-Gadjepe),
Amou (Amlamé),
Danyi (Danyi-Apéyémé),
Est-Mono (Élavagnon),
Haho (Notsé),
Kloto (Kpalimé),
Moyen-Mono (Tohoun),
Ogou (Atakpamé —chef-lieu),
Wawa (Badou).
la région Centrale :
Blitta (Blitta),
Sotouboua (Sotouboua),
Tchamba (Tchamba),
Tchaoudjo (Sokodé —chef-lieu).
la région de la Kara :
Assoli (Bafilo),
Bassar (Bassar),
Binah (Pagouda),
la Dankpen (Guérin-Kouka),
Doufelgou (Niamtougou),
Keran (Kandé),
Koza (Kara —chef-lieu).
la région des Savanes :
Kpendjal (Mandouri),
l’Oti (Sansanné-Mango),
Tandjouaré (Tandjouaré),
Tone (Dapaong —chef-lieu).
Situation linguistique du Bénin
Les deux tiers de la population béninoise, majoritairement au sud, parlent le fon proprement dit et une dizaine de langues voisines appartenant au même groupe Kwa, à savoir :
le gun,
le guen,
le mina,
le adja,
le tofin,
le aïzo,
le mahi,
le kotafon,
le wachi, le houla,
et le yoruba.
Le dernier tiers se compose de locuteurs de plusieurs idiomes relevant de quatre grandes familles différentes selon la classification de Greenberg :
- la famille Nihilo-Saharienne
- la famille des langues voltaïques ou Gur
- le groupe Gurunsi (comme le Kabiye) au nord-est (dans les départements de l’Alibori et du Borgou, ainsi qu’une partie de l’Atacora) : essentiellement le bariba ou baatonum des Baatomba
- le groupe Gurma : au nord-ouest (dans les départements de l’Atacora et du Donga, ancienne province de l’Atakora, ainsi qu’au Togo) : le yom ou pila-pila des Yomba (Pila-Pila et Tanéka), le wama des Waba et le somba des Bétiabé, des Bétammaribé ou Batamariba, des Bésorbé, des Tamberma
- la famille des langues Ouest-Atlantique ou Atlantico-Congolaise
- le [groupe Atlantique] (sous-groupe sénégambien) au nord-est (dans l’ancienne province du Borgou) : essentiellement le peul (fulde, fulfulde ou fulani)
- la famille Afro-Asiatique
- le groupe Chadic répandu dans tout le septentrion : particulièrement le haoussa
Ces deux ensembles linguistiques ont contribué à créer au Bénin deux grandes entités socioculturelles spécifiques, localisées respectivement dans le sud et le nord du pays.
Bien que le français, parlé par moins de 10%, demeure encore la langue officielle ; les Béninois utilisent plus courament les "parlers" nationaux, reflets de leur vision du monde, de leur mentalité et de leurs moeurs.
De la quarantaine de langues vernaculaires, aucune n’a jamais reçu, officielement, le statut de langue nationale.
Cependant, certaines d’entre elles étant véhiculaires de fait, elles sont pratiquées à l’orale dans les administrations, même si les documents écrits le sont en français, langue que la majorité (70 %) de la population ne parle pas...
Six d’entres elles
(adja,
bariba ou baatonum,
dendi,
fon,
ditamari -120 000 locuteurs-,
yoruba)
ont cependant failli l’être puisqu’elles ont été officiellement retenues dans le cadre de l’alphabétisation en langue nationale ; mais le gouvernement n’a pas sû mettre en place un environnement favorable à ce développement.
Situation linguistique du Togo
On observe au Togo aussi, deux grandes entités socioculturelles réparties nord-sud.
Dans le Sud, vivent les ethnies du groupe Kwa, notamment les Éwés (22 %), les Ouatchis (10 %) et les Minas.
Dans le Centre et le Nord, moins peuplés, vivent des ethnies du groupe Gur, notamment les Kabiyés-Losso (13 %) et les Tamberma ou Tem (l’une des plus anciennes populations du pays, localisé dans l’extrême nord —région des Savanes).
- la famille des langues voltaïques ou Gur
- le groupe Oti-Volta (dans la branche nord)
- le sous-groupe occidental :
Mòoré, Moose, Mossi, More, Mole, Moshi (région des Savanes : nord de Dapaon Senkanssé, Timbou, Tabi) - Dialects : Yanga (Yana, Yan, Yam, Yaan, Jaan, Timbou). - le sous-groupe Yom-Nawdm :
Nawdm, Naudm, Nawdam, Naoudem, Losso, Losu (régions Central et Plateaux : Sotouboua, Ogou, et Haho ; région Kara : Niamtougou ; importante minorité à Lomé ; aussi au Ghana) - Dialects : Close to Yom. - le sous-groupe Gurma :
Akaselem, Tchamba, Akasele, Kasele, Kamba, Chamba, Cemba (région Centrale –est de Sokodé, Tchamba.) - Langue Ntcham
Gourmanchéma, Gourmantche, Gourma, Gurma, Migulimancema, Gulimancema (région des Savanes : Korbongou, Mandouri.)
Konkomba (région de Kara : Guérin-Kouka, Nawaré, Kidjaloum.)
Miyobe, Soruba, Sorouba, Bijobe, Biyobe, Uyobe, Kyobe, Kuyobe, Solamba, Sola, Solla (région Kara : Binah, Kpagouda nord, Kouyoria, Sola, Kounacire)
Moba, Moab, Moare, Moa, Ben (région des Savanes : Dapaong, Bombouaka) - Dialects : Natchaba. Related to Bimoba in Ghana, but with only limited intelligibility.
Ngangam, Dye, Gangam, Gangum, Ngangan, Nbangam, Migangam, Mijiem (région des Savanes : Oti Prefecture, autour de Gando-Namoni, Mogou, Koumongou, Kountouri) - Dialects : Motiem (Mogou), Koumongou. Proche de Konkomba, Ntcham, Moba, Gurma.
Ntcham, Bassar, Basare, Bassari, Basari, Basar, Ncham, Natchamba, Tobote (ouest central, Bassar, Kabou, Kalanga, et autours ; aussi Ghana) - Dialects : Ncanm, Ntaapum, Ceemba, Linangmanli.
- le sous-groupe occidental :
- le groupe Gurunsi (dans la branche sud)
- le sous-groupe oriental :
Bago-Kusuntu, Bago, Koussountou (région Centre : Tchamba, Koussountou, Bagou) - Dialects : Bago, Kusuntu.
Delo, Ntrubo, Ntribu, Ntribou (région Kara : Blitta).
Ditammari, Tamari, Soma, Some, "Somba", Tamberma (région Kara : Nadoba, Wantema, Warengo, Koutougou.) Dialects : Eastern Ditammari, Western Ditammari
Kabiye (région Kara : Kozah et Binah)
Lama, Lamba, Losso (régions Kara, Central et Plateau : Kande, Doufelgou, Sotouboua, Ogou, Haho, Lomé ; Ghana et Bénin) - Dialects : Kande (Kante), Kadjala (Kadjalla), Defale.
Lukpa, Lokpa, Logba, Legba, Lugba, Dompago (région Kara : Binah)
Tem, Kotokoli, Cotocoli, Tim, Timu, Temba (région Kara : Bafilo ; région Central : Tchoudjo, Sotouboua, Bafilo, Sokode, Sotouboua ; région Plateau : près de Badou ; aussi Bénin et Ghana) - le sous-groupe occidental :
Ifè ou encore Gourmantche, Gourma, Gurma, Migulimancema, Gulimancema (région des Savanes : Korbongou, Mandouri.)
- le sous-groupe oriental :
- le groupe mandingue ou Mandingo (toujours dans la branche nord) des mandingues dont on retrouve des minorités au Bénin et au Toge et qui se subdivise en
- Mandant ouest (Mali, Sénégal, Gambie) à son tour subdivisé en
Centrale–ouest ou Manding–Kpelle ;
centrale qui comprend la majorité des langues mandingues ;
sud-ouest dont kpelle et looma
Nord-ouest ou Samogo–Soninke - Mandant est ou Dan–Busa à son tour subdivisé en
Mandant sud-est ou Bisa-Busa (Guinée, Côte d’Ivoire, Libéria) dont Bissa (région des Savanes : Tone) et
Mandant nord-est (Mali, Burkina-Faso, Côte d’Ivoire)
- Mandant ouest (Mali, Sénégal, Gambie) à son tour subdivisé en
- le groupe Oti-Volta (dans la branche nord)
- la famille des langues Ouest-Atlantique ou Atlantico-Congolaise
- le [groupe Atlantique] (sous-groupe sénégambien) :
Fulfulde, Borgu, Benin-Togo Fulfulde, Peulh, Peul, Fulani (région Nord ; aussi au Bénin) - Dialects : Atakora Fulfulde.
- le [groupe Atlantique] (sous-groupe sénégambien) :
Classification des langues kwa

- cartographie des langues du Golfe du Bénin
- principales familles de langues du Bénin, du Togo et du Ghana
Selon la classification de Joseph Harold Greenberg dans Languages of Africa, publié en 1963 [1] (complété et réédité en 1970) et qui étend les travaux de Diedrich Hermann Westermann [2], la langue Adja, ajagbè, appartient au sous-groupe Kwa, du groupe Niger-Congo, de la famille Congo-Kordofan (une des Atlantico-Congolaise). L’ensemble linguistique Kwa couvre actuellement cinq pays (d’ouest en est) : la Côte-d’Ivoire, le Ghana, le Togo, le Bénin, et le Nigéria. Il se subdivisent en deux sous-groupes : occidental ou Nyo (qui comprend les langues ganadangmé du Ghana, Ebrié, Mbato, Baoulé, Akan de Côte-d’Ivoire et du Ghana) et oriental ou rive-gauche (Ghana-Togo -Na ou Ka-, Gbe au Bénin et au Ghana et au Togo).
Le adja et les langues dérivées s’inscrivent dans le sous-groupe oriental ; ils sont appelés ewé-adja par certains, adja-tado par d’autres ou encore sous-groupe gbé (mot signifiant langue et énoncé dans tous les parlers du sous-groupe) et comportant une trentaine d’idiomes dont les principaux sont (par ordre alphabétique) :
adja-gbé,
ahlon-gbé,
aïzo-gbé,
ewé-gbé,
fon-gbé,
goun-gbé,
houéda-gbé,
houla-gbé,
kotafon-gbé,
mahi-gbé,
ouachi-gbé,
ouémé-gbé.
Ces parlés sont regroupés en cinq grandes familles (par nombre de locuteurs) d’après les travaux de Hounkpati B. Capo (de 1988 à 1998), complétés par ceux récents de Angela Kluge (en 2005 et 2006) :
Ewe (Vhe, Ɛ̀ʋɛ̀ gbè) — parlé par plus de 3 000 000 personnes dans la moitié basse orientale depuis le fleuve Volta, du Ghana au Togo,
Fon (Fɔn gbè, Popo) — parlé par plus de 1 700 000 personnes au Togo et au Bénin, à l’ouest du fleuve Ouémé et sur toute la côte,
Aja (Aja gbe, Adja) — parlé par 1 300 000 personnes le long du fleuve Mono et autour de la région de Tado,
Gen (Gẽ, Mina, Gɛn gbe) — parlé par 400 000 personnes dans la région du lac Togo, autour d’Anexo,
et Phla-Pherá (Fla, Offra, Xwla gbe) — parlé par 400 000 personnes dans la région du lac Ayémé et sur la côte du Bénin et du Togo.
- Gbe (21)
- Éwé (1)
- EWE : ewé-gbé —Eibe, Ehwe, Eve, Vhe, Krepe, Krepi, Popo (Ghana,Togo/Plateau/sud Atakpamé —Kpalimé, Notsé, Tsévié) - Dialects : Adan, Agu, Anglo (Anlo, Awlan), Aveno, Be, Gbin, Ho, Kpelen, Togo, Vlin, Vo.
- Fon (2)
- FON : fon-gbé —Fo, Fon, Fonnu, Fogbe, Dahomeen, Djedji (Benin, Togo/Plateau/Atakpame)
- MXL : mahi-gbé —Mahi, Maxi-Gbe (Benin,Togo/Centrale)
- Aja (9)
- AJG : adja-gbé (Benin, Togo) - Dialects : Dogo, Hwe (Ehoue), Tado (Stado, Sado, Tadou), Sikpi, Tala.
- AYB : yizɔ-gbé —Aïzo Ayizo, Ayize (Benin)
- GUW : gun-gbé —Goun (Benin)
- HWE : hwé (Togo)
- STS : seto-gbé (Benin)
- TFI : tofin-gbé (Benin)
- TLH : toli-gbé (Benin)
- WEM : wémé-gbé —Ouéme (Benin)
- XWL : xwla-gbé —Houla, Western Xwla (Benin, Togo —le long de la rivière Mono)
- Mina (1)
- GEJ : gen-gbé —Guen, Ge, Mina-Gen, Mina, Popo, Guin, Gebe (Togo/Maritime) - Dialects : Anexo, Gliji, Agoi, Gen
- Phla-Pherá
- : alada — Allada, Arda (Nigera —sud-est—, Benin —Porto-Novo—)
- : tɔli — Tori (Benin)
- : tɔfin —Toffi, Tofin) (Benin —nord du lac Nokoué—)
- : phelá —Fida, Péda (Benin — est du lac Ahéme—)
- GBX : phla —Pla, Xwla, Hwla, Popo, Eastern Xwla (Benin et Togo —côte, de Anexo à Grand Popo—)
- KQK : kó-gbé —Kotafon, Kotafohn (Benin/Mono—)
- SXW : tsáphɛ —Sahwe, Saxwe (Benin/Coufo—)
- GBS : gbési —Gbesi (Benin —nord du lac Ahéme—)
- : sɛ —Se (Benin —ouest de la province du Mono—)
- : ahlon-gbé
- inclassable (?)
- CIB : ci-gbé (Benin)
- KEF : kpessi —Kpesi, Kpétsi (Togo/Mono-Est —Kpessi, Nyamassila, Blitta, Langabou)
- WCI : waci-gbé —Ouachi, Ouatchi, Waci, Waci-Gbe, Wachi, Watyi (Togo —Vogan, Tabligbo, Attitigon) - One of 10 languages that make up the Gbe language cluster that extends from southeastern Ghana across southern Togo and southern Benin into southwestern Nigeria. The cluster also includes Ci Gbe, Defi Gbe, Gbesi Gbe, Eastern Xwla Gbe, Maxi Gbe, Kotafon Gbe, Western Xwla Gbe, Tofin Gbe, Xwela Gbe
- WUD : wudu (Togo —Gbékon, Glitho)
- XWD : xweda-gbé —Houéda (Benin)
- XWE : xwela-gbé (Benin)
- Éwé (1)
- Avatime-Nyangbo (3) alias NA
- AVN : Avatime —Sì-yà/Ke-dane-ma (Ghana)
- NYB : Nyangbo —Tùtrùgbù/Batrugbu (Ghana)
- TCD : Tafi (Ghana)
- Kebu-Animere (2)
- ANF : Animere (Ghana)
- KEU : Akebu —Kebu, Kabu, Kegberike, Ekpeebhe (Togo/Wawa, Ghana)
- Kposo-Ahlo-Bowili (4) alias KA
- ADQ : Adangbe —Dangbe, Adantonwi, Agotime, Adan (Ghana, Togo —est de Ho)
- AHL : Igo —Ahlon, Achlo, Anlo, Ago, Ahlõ, Ahonlan, Ahlon-Bogo (Togo/Plateau —Apeyeme, Bogo-Ahlon autour de Sassanou)
- BOV : Tuwuli —Bowiri, Tora, Tuwuli/Bawuli (Ghana)
- KPO : Ikposo —Kposo, Akposo, Akposso, Ikpɔsɔ (Togo/Plateau —Amou, Wawa, Ogou, ouest Atakpamé) par les Akpɔsɔ - Dialects : Amou Oblou, Ikponu, Iwi (Uwi), Litime (Badou), Logbo, Uma.
- : Tafi —Tɛ̀gbɔ̀/Bàgbɔ̀
- : Tafi —Tɛ̀gbɔ̀ par les Bàgbɔ̀
On note qu’on ne trouve que le groupe gbé au Bénin, tandis qu’au Togo, on a des langues d’autres du sous-groupes oriental : Akebu (NA), Adangbe et Igo (GA)... On retrouve également an Togo des langues du sous-groupe Nyo !
- Agneby (3)
- ABA : Abé (Côte d’Ivoire)
- ABI : Abidji (Côte d’Ivoire)
- ADJ : Adioukrou (Côte d’Ivoire)
- Attie (1)
- ATI : Attié (Côte d’Ivoire)
- Avikam-Alladian (2)
- ALD : Alladian (Côte d’Ivoire)
- AVI : Avikam (Côte d’Ivoire)
- Ga-Dangme (2)
- ADA : Dangme (Ghana)
- GAA : Ga (Ghana)
- Potou-Tano (41)
- Basila-Adele (2)
- ADE : Adele (Togo)
- BLO : Anii (Benin)
- Ega (1)
- EGA : Ega (Côte d’Ivoire)
- Lelemi (4)
- Lelemi-Akpafu (2)
- Likpe-Santrokofi (2)
- Logba (1)
- LGQ : Logba (Ghana)
- Potou (2)
- EBR : Ebrié (Côte d’Ivoire)
- GWA : Mbato (Côte d’Ivoire)
- Tano (31)
- Central (12)
- Guang (16)
- Krobu (1)
- Western (2)
- Basila-Adele (2)
- Unclassified (1)
- ESM : Esuma (Côte d’Ivoire)

- cartographie des langues du Golfe de Guinée
- principales langues du Golfe de Guinée, du Bénin au Cameroun
Les langues yoruboïdes (auquelles appartient le Yoruba) et igboïdes, initialement classées parmis les Bénoué-Congolaises (le sous-groupe de la famille Atlantique-Congo qui compte le plus de langues et de locuteurs), ayant beaucoup de points communs avec les langues kwa orientales (gbe spécialement), ils sont à la frontière de deux familles (et les frontières ne sont pas toujours nettes). Sur les traces de Bennett & Sterk (1977) qui soutiennent cependant que le groupe Kwa n’est pas une unité linguistique, il a été proposé par Williamson & Blench (2000) un sous-groupe frontière : le Volta-Niger [3]
Caractéristiques des langues kwa
Il existe es effet plus de cinq milliers langues parlées et référencées par le SIL International qui leur attribut un identifiant unique de trois caractères (mentiennés en face des différents parlés kwa plus haut).
Sur quels critères sont donc regroupés et classés les langues ?
Il existe des schémas communs à différentes langues qui n’ont pourtant pas de liens génétiques ni historiques. C’est l’observation de ces schémas qui permet d’établir une typologie en se basant sur un certain nombre decritères qui sont autant de disciplines complémentaires de la linguistique :
rythmique qui classe les langues en syllabique, accentuelle, morique (ou moraïque), etc.
morphologique qui s’interesse aux types de variabilité des signifiants et qui classe les langues selon ces traits grammaticaux en
isolante ou
synthétique
(qui peut être
agglutinante,
flexionnelle (ou fusionnelle), et
polysynthétique)
et qu’on affine (une langue peut appartenir au deux classes jusqu’à un certain degré) grace aux indices de fusion et de synthèse)
syntaxique qui se préoccupe de l’ordre des fonctions syntaxiques :
OSV,
OVS,
SOV (41%),
SVO (39%),
VOS,
VSO (15%),
et
V2 avec différentes variations...
morphosyntaxique qui s’intersse à la préférence de
l’ergatif ou de
l’accusatif
dans les langues à déclinaison
sociolinguistique qui s’interesse au type d’utilisation qu’en font les locuteurs même de la langue :
vernaculaire,
véhiculaire,
liturgique,
koinè,
créole,
pidgin,
sabir
ou lingua franca
et divers autres critères comme :
le nombre de ou le type de phonèmes utilisés (phonotactique et recherche/étude de mutations consonnatiques),
l’utilisation ou non de tons dans la distinction des mots,
l’usage ou non de classificateurs,
la préférence du cadrage verbal (indication dans le verbe)ou le cadrage satellitaire (usage de particules) —cet argument récent (1991) ayant été proposé par Leonard Talmy,
la présence et l’usage de propositions subordonnées relatives,
etc.
On notera donc qu’on s’attache, dans un premier temps, plus aux caractéristiques intrinsèques de la langue qu’à son histoire.
Le regroupement en grands groupes et familles est le résultat de l’analyse synchronique auquel J. Greenberg a beaucoup apportés par ses recherches sur les universaux linguistiques [4].
il existe cependant une linguistique historique ou analyse diachronique qui s’interesse à l’évolution interne des langues ainsi qu’à leurs filiations et leurs interactions avec les langues voisines.
Ses champs d’études et outils sont :
la linguistique comparative, qui traite d’une langue d’un point de vue historique et qui est appelée philologie quand elle se base sur des sources écrites fiables propres à la langue pour ce faire ;
une de ses branches est la lexicostatistique, développée par le linguiste américain Morris Swadesh qui a proposé (années 1940-1950) une liste de mots de de base le plus indépendant possible de l’environnement naturel et de la culture et que l’on retrouve dans le plus de langues possible [5].
l’éthymologie, qui étudie l’origine des mots en s’appuyant sur la philologie
la dialectology, qui étudie les variétés linguistiques non standardisées que sont les dialectes
la phonologie, ou phonématique, à ne pas confondre avec la phonétique, qui étudie l’organisation des sons en énoncé au sein d’une langue [6]
la morphologie, qui étudie la façon dont les morphèmes se combinent pour former des lemmes
la syntaxe, qui étudie la façon dont les mots se combinent pour former des syntagmes (nominaux ou verbaux) pouvant mener à des propositions (indépendantes ou principales / subordonnées, relatives)
Les deux approches, diachronique et synchronique sont complémentaires et permettent d’affiner le classement en se validant mutuellemennt et en permettant une meilleure compréhension de la structure et de l’évolution des langues présentes et passées.
Quels sont donc, pour terminer, les caractéristiques des langues kwa ?
Les traits spécifiques généraux des parlers de ce sous-groupe sont exactement ceux révélés par Pierre Alexandre : « La phonologie et la tonologie sont complexes. Les tons jouent un rôle d’autant plus important que les racines des mots sont monosyllabiques et que de nombreuses séries homophoniques ne se distinguent que par le ton. Il n’a pas de distinction morphologique entre racines verbales et nominales. La morphologie est réduite, les "mots" se forment par composition plutôt que par dérivation [...]. Pas de genre grammatical. » [7]
Il faut ajouter à cela, la structure syllabique ouverte de type (V)CV#CVCV de ces langues, par opposition aux langues du groupe Gur ou Voltaïque.
Dans le cas particulier des langues gbé, H. Capo a attesté [8] de :
vingt-trois consonnes communes (b, m, t, d, ɖ, n, k, g, kp, gb, ɲ, f, v, s, z, χ/ʁ, r/r̃, l/l̃, y, w) et
onze voyelles (6 orales et 5 nasales) systématiques (i ĩ u ũ e o ɛ̃ ɔ õ/ɔ̃ a ã) ;
trois tons systématique (montant-haut, descendant-bas, haut-moyen)
les nomimaux sont souvent issus de verbeaux par prefixation d’une voyelle (bien qu’il ne soit pas démontré formellement l’existance de classe nominale, il se peut que cela soit le relent d’un vieil distinguant nominaux et verbeaux)
il s’agit bien de langues isolentes (radicaux d’une à deux syllabes) [9]
et aussi fortement aglutinantes (quasiment pas de flexion)
où le redoublement est souvent employé dans la formation de nouveaux mots
les syllabes sont bien de type consonne-voyelle, et dans le cas des consonnes complexes (où on a donc consonne-consonne-voyelle), la seconde consonne est souvent une consonne liquide suivi généralement d’une voyelle nasale
leur structure syntaxique sujet-verbe-complément courante ont certainement contribué, dans les Caraïbes, à leur participation à de nombreux créoles de vocabulaire français.
[1] initialement paru en 1955 sous le titre African Linguistic Classification
[2] les branches du groupe soudanais deviennent les familles Volta-Congo (branche occidentale) et Nilo-Saharienne (branche orientale), cette dernière n’est pas encore consensuelle aujourd’hui...
[3] c’est un travail encore en cours ; mais pour ma part, la classification "Atlantico-Congolaise > Niger-Volta > Gbe" me semble plus pertinente que celle "Atlantico-Congolaise > Voltaïco-Congolaises > Kwa > Gbe" : je ne remet pas en cause le système de classification en lui-même, mais les critères définissant le groupe Kwa ne me semblent pas pertinents... dommage que cela n’ai pas reçu une attention particulière de la part de la communauté très hétérogène des linguistes.
[4] Il s’agit d’une approche sémantique dont l’objectif est d’établir une taxinomie des langues, voir du langage !
[5] Il s’agissait pour lui d’instrument pour identifier le vocabulaire de base de toute langue non encore étudié, puis à établir le degré de parenté de deux langues données et, enfin, à dater approximativement les langues d’origine dont ont évolué d’autres langues.
[6] La phonétique s’intéresse aux sons en tant qu’unités physiologiques ; la phonologie aux sons en tant que parties d’une structure.
[7] Pierre Alexandre, Langues et langages en Afrique Noire, Paris 1967, p. 88
[8] Hounkpati B.C. Capo, A Comparative Phonology of Gbe, Publications in African Languages and Linguistics, 1991, 14. Berlin/New York : Foris Publications & Garome, Bénin : Labo Gbe (Int).
[9] elles serait sythétiques si elle ne faisaient pas un grand usage de périphrases.











Commentaires