leçon 1.

s1.p1.
samedi 10 octobre 2009
par  Grégoire Videhoun, Raymond Fantodji, ʒildas kɔtɔmalɛ

un peu d’alphabet

Tout d’abord, les sons qu’on retrouve aussi en français et qui s’écrivent pareillement :

  • voyelles : a (pApA), o (dOdO), i (IcI)
  • consonnes : b (BoBo), g (GanGster), k (KaKi), l (Loup), n (NaNa), r (RaRe), t (Tata), v (ViVe), y (Yaourt), bl (BLeu), tr (TRain).

Je rappelle que les langues africaines s’écrivent assez simplement en général et que : 1 son = 1 lettre, toujours la même ; 1 lettre = 1 son, toujours le même !

  • Explication


Voyons ensuite, des sons qu’on retrouve aussi en français mais qui s’écrivent différemment (à cause des différences de caractères, je note minuscule-majuscule) :

  • voyelles : e-E (ÉlÉphant), ɔ-Ɔ (cOmme pOrte), ɛ-Ɛ (pÈre et mAIre), ɛ̃-Ɛ̃/ẽ-Ẽ/ɛn-Ɛn (pAIN, sEINs)
  • consonnes : j-J (aDJudant aDJoint), ny-Ny (allemaGNe charlemaGNe)

La règle 1 son (en fait phonème) = 1 caractère (en fait lettre) s’applique toujours et donc ni la lecture ni l’écriture ne sont ambigüe à aucun moment !

On note cependant l’exeption faite au Bénin pour les voyelles nasales où on ajoute un N, le but étant d’éviter les accents qui ne sont pas des tons (qui seront abordés dans une leçon ultérieure.) Bien que, par habitude, certains notent les voyelles nasales avec un tilde (˜) au dessus, vous devez les écrire en ajoutant le N si vous voulez être en mesure de lire le fon ou de passer de passer des examens officiels. Pour cette raison, c’est cette notation qui est utilisée dans ce cour...
Attention : avec la notation par un N, dans une succession de voyelles nasales, seule la dernière porte le N. Ainsi, on a : ɛ̃ɛ̃/ẽẽ/ɛɛn  [1]

Une autre exception est le NY pour des raisons que nous n’allons pas développer ici.

Terminons cette première partie par un son qui n’existe pas en français... : ŋ-Ŋ
Ŋ est une "consonne occlusive nasale voisée" au même titre que N et M et NY.  [2] Qu’est-ce qui les distingue ? M (bilabiale) est articulé avec les deux lèvres ; N est articulé (alvéolaire) avec la pointe de la langue contre la crète alvéolaire ; Ŋ (vélaire) est articulé avec la partie antérieure de la langue contre le palais mou ; NY (palatale) est articulé avec le milieu ou l’arrière de la langue contre le palais rigide. Il faut veiller à ne pas confondre Ŋ avec N ou NY ; ce qui exige beaucoup d’attention au départ... (après, c’est automatique)

≠ exemples
-nyŋnm-
a pont feuille a
boire crouler, tomber u
savoir donner partager a
e moi commission quatre ɛ̀
e palabre, problème pet mère, femelle chemin ɔ
rejeter/exécrer du corps casser, briser ɛ̀

Ŋ est un son dificile pour quelqu’un qui ne parle que français, mais on le retrouve dans un certains nombre de mots d’origine anglaise comme parking, où il s’écrit ng. (Les francophones ont hélas tendance à le prononcer [ŋg].) Outre l’anglais, on le retrouve, écrit N en italien : fango, unghia et piango.
Il est très important en adja et en mina car c’est le pronom personnel de la première personne (je)... Il aussi très courant en Asie du sud-est comme en cantonais, il peut être à lui seul un nom propre (Ng).

lecture
Lire plusieurs fois à haute voix les mots (adja) suivants : 
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À ce stade, vous connaissez tous les sons du texte qui va suivre, ainsi que plein d’autres mots que vous découvrirez par la suite.


dialogue

Dans cette conversation, Codjo est un enfant et son interlocuteur un(e) adulte...

  1. Codjo, viens ici.
    • Kɔjo, va .
  2. Oui, j’arrive tout de suite.
    • Ɛɛn, na-va tróló ɛ. (hwe)
      Ɛɛn, na-va tróló vyɛ. (dogbo)
    • Ɛɛn, na-va kákà ɛ. (hwe)
      Ɛɛn, na-va kákà vyɛ. (dogbo)
  3. Codjo, viens vite.
    • Kɔjo, va blaŋ.
    • Kɔjo, va kǎbà.
    • Kɔjo, va tróló.
  4. Me voici.
    • Nyɛ ke. (hwe)
      Nyɛ ge. (dogbo)

vocabulaire

Ce texte est assez simple puisque le vocabulaire se devine aisément (correspondance un à un).

  • verbes
    • va = venir, arriver.
    • yì = aller, partir.
  • noms
    • Kɔjó = Codjo : prénom habituellement donné aux enfants nés le lundi.
  • pronoms personnels
    • (e)nyɛ = me, moi.
    • ŋ [3] = je, moi.
  • adverbes
    • ke/ge = voici.
    • (e)lɛ = ici
    • (e)nɔ = là
    • blaŋ, kákà, kǎbà, tróló = vite, rapidement, immédiatement, tout de suite
    • (e)vyɛ/(c)ɛ = maintenant/actuellement même/vraiment (confirme l’autre adverbe)
  • autres
    • ɛ̃ɛ̃/ẽẽ/ɛɛn = oui

Tout comme en langue française où on a plusieurs mots pour dire la même idée (tout de suite, immédiatement, ...), on a en langue adja plusieurs mots (blaŋ, kákà, ...). La préférence de l’un ou de l’autre est géographico-culturelle (donc selon les régions). Certains de mots ont probablement été importés ; ils facilitent en tout cas l’intercommunication, et c’est ainsi qu’on préfèrera kǎbà en allant vers les Minas et tróló en allant vers les Fons, car cela se dit pareillement dans leur langue.

éléments de grammaire

Du point de vue temporel, notre dialogue a lieu au présent. Cependant, pour être plus plus précis, on notera que deux formes (temps et mode) sont utilisées :

  • va : pour marquer l’ordre (impératif) ou la requête.
  • a-va : pour le marquer l’indicatif futur affirmatif (rendu en français par aller à l’indicatif présent + infinitif) ; d’où l’habitude de confirmer/préciser son immédiateté (vyɛ/ɛ)...  [4]

On notera aussi la façon d’insister (dans la demande) ou de confirmer (dans la réponse) : tout de suite = vite + maintenant ; rapidement = vraiment + vite !

exercice de synthèse

  • Concernant les rencontres régulières passées

    • la troupe culturelles

    • (note sur 5)

    • l'alphabétisation

      • (note sur 5)

  • Pour le nouveau calendrier des rencontres

  • Explication



[1] Tout comme on écrirait en français : noon.

[2] caractéristiques phonétiques :

  • phonation voisée = les cordes vocales vibrent lors de l’articulation
  • mode d’articulation occlusif = produits en obstruant l’air du chenal vocal
  • consonne nasale = l’air peut s’échapper par le nez
  • consonne centrale = produits en laissant l’air passer au dessus du milieu de la langue, plutôt que par les côtés
  • mécanisme de courant d’air est égressif pulmonaire = articulés en poussant l’air par les poumons et à travers le chenal vocatoire, plutôt que par la glotte ou la bouche

[3] devient "n(’)a" en se combinant avec le "a" de "a-va"...

[4] La façon de s’exprimer en ajagbe fait qu’on ne dit pas juste « je viens/arrive », mais plutôt « je vais arriver maintenant » qu’on traduit alors par « je viens tout de suite » (on précise si on arrive "de suite" —i.e. "toutes affaires cessantes"— ou si on a l’intention de venir dès que l’on pourra).


Documents joints

MP3 - 481.7 ko
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abi vovo aba bobo kloklo gogo vava vivi baba ata blabla ablo
exemples avec consoles nasales
exemples avec consoles nasales
≠ exemples -nyŋnm- a pont feuille a boire crouler, tomber u savoir (...)
MP3 - 645 ko
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eta ega ave vɔvɔ evi ete etre klɔ eji lɛgɛdɛ ajɔ̀ eje kojo akɔ nyikɔ

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