leçon 3.

s2.p1.
samedi 14 novembre 2009
par  Grégoire Videhoun, Raymond Fantodji, ʒildas kɔtɔmalɛ

encore un peu d’alphabet

De nouveaux sons ...qui n’existent pas en français :

  • voyelle : ũ-Ũ/un-Un (vaudOUN en français, vaudOON et cocOON en anglais)
  • consonnes : x-X, kp-Kp, gb-Gb

Concernant les voyelles nasales, elles sont réalisées comme les voyelles orales (comme = même placement de la langue, des lèvres, etc.) sauf que l’air est expulsé par le nez (d’où la qualification de nasales) et non par la bouche (d’où le terme oral). Pour s’en rendre compte, il faut comparer la prononcier des mots français "va" et "vent" ainsi que "pot" et "pont". Il suffit donc d’entendre prononcer le "oun" pour arriver à le faire (les français arrivent à prononcer "vaudoun", bien que ne connaissant pas le mot et ne l’ayant jamais entendu).

X est une "consonne fricative vélaire sourde"  [1] qui n’existe ni en français ni en anglais, mais que l’on retrouve dans d’autres langues comme : l’allemand (écrit ch), le néerlandais (écrit g ou ch), l’espagnol (écrit j), le géorgien (écrit ხ), l’arménien (écrit Խ), l’espéranto (écrit ĥ), l’arabe (noté خ), etc. Ce son ne pose pas de difficulté particulière, mais nous aurons l’occasion d’en reparler.

GB et KP sont des "consonnes occlusive labio-vélaire" présents dans de nombreuses langues d’Afrique noire (le lingala par exemple, et toutes les langues du groupe Kwa).  [2] Tous deux, comme NY, se notent avec deux lettres pour des raisons historiques.
GB est une consonne voisée  [3] dont la prononciation tient à la fois des consonnes voisées G et de B !
KP est une consonne sourde  [4] dont la prononciation tient à la fois des consonnes sourdes K et de P !


Dialogue

  1. Codjo, viens ici.
    • Kɔjo, va lɛ-tɔxu.
  2. Oui, j’arrive tout de suite.
    • Ɛɛn, ŋ gbɔgbɔ kákà (vy)ɛ.
  3. Viens vite !
    • Ɖeblɛ a-va !
  4. Je suis arrivé.
    • Ŋ va (ɖo).
  5. Donne-moi ton livre.
    • wema tɔo nɔ ŋ.
  6. Voici mon livre.
    • Anyi wema ke. ()
      Kinyɛ wema ke. ()
  7. Merci beaucoup.
    • Akpe kéké.
  8. Il n’y a pas de quoi.
    • E akpe .

Vocabulaire du texte

  • verbes
    • gbɔ = (re)venir de loin.
      gbɔgbɔ = être entrain d’/de arriver/revenir.
    • sun = suffir, rassasier.
      sũ ... gǒ = ne pas suffire.
    • akpe = merci, remerciement.
    • avun = chien, chienne, chiot.
  • pronoms personnels
    • (e)ì = le, la, ce.
  • adjectifs possessifs
    • anyi / kinyɛ = mon, ma, mes.
  • adverbes
    • (e)lɛtɔxu = ici, cet endroit-ci.
      par rapport à elɛ, on désigne précisément l’endroit (éventuellement en pointant du doigt)
      -tɔxu —que je traduis par endroit/lieu— indique une situation géographique bien délimitée dans le temps (en général au moment où l’on parle) et l’espace (normalement que l’on peut désigner du doigt ou montrer de la main)
    • (e)nɔtɔxu = là-bas, cet endroit-là.
      par rapport à enɔ, on désigne précisément l’endroit (éventuellement en pointant du doigt)
    • (e)nɔɖaa / nageɖaa = là-bas.
      -ɖaa — que je traduis par au loin...— est un idéophone qui indique l’éloigne

éléments de grammaire

Avec gbɔgbɔ on découvre le dédoublement du verbe... Cette forme —que nous retrouverons souvent— correspond au gérondif et peut s’employer comme :

  • verbe se traduisant alors par être entrain de +infinitif
  • adverbe se traduisant alors par le participe présent
  • nom signifiant le fait de +infinitif (qui correspond au participe passé employé comme nom, quand cela existe) : anyi gbɔgbɔ = ma/mon venue/arrivé.

Le suffixe tɔxu se traduit par endroit, mais en parlant d’un point précis (à échelle humaine).
Ainsi, sur une carte, l’indication « (vous êtes) ici » se traduit par “(mi le) lɛtɔxu”. Pareillement, si on poursuit quelqu’un puis qu’on le perd de vue et qu’on demande à passant, s’il répond que la personne que vous recherchez “to lɛ”, ça signifie qu’on l’a vue dans les parages (dans la rue en question par exemple) ; tandis que s’il répond que la personne que vous recherchez “to lɛtɔxu”, ça signifie qu’on l’a vue à l’endroit précis où a lieu votre conversation (là où se tient votre interlocuteur par exemple).
De même, “aotɔxu” indiquera « mon coin » (ceci s’emploiera plus pour désigner son intérieur ou son repaire, car « ma place » se dit autrement... nous découvrirons ces nuances au cours des prochains textes.)

exercice de synthèse


[1] caractéristiques phonétiques :

  • mode d’articulation fricatif = produit en contractant l’air à travers une voie étroite au point d’articulation, causant de la turbulence
  • point d’articulation vélaire = articulation par la partie antérieure de la langue (le dorsum) contre le palais mou (ou velum)
  • phonation sourde = les cordes vocales ne vibrent pas lors de l’articulation
  • consonne orale = l’air peut s’échapper par la bouche
  • consonne centrale = produits en laissant l’air passer au dessus du milieu de la langue, plutôt que par les côtés
  • mécanisme de courant d’air égressif pulmonaire = articulés en poussant l’air par les poumons et à travers le chenal vocatoire, plutôt que par la glotte ou la bouche

[2] caractéristiques phonétiques :

  • mode d’articulation occlusif = produits en obstruant l’air du chenal vocal
  • consonne labiale = réalisée par rapprochement des lèvres inférieure et supérieure (comme b p m.)
  • consonne vélaire = réalisée par un bombement de la partie postérieure de la langue qui se rapproche du palais mou (comme k g ŋ) ; la partie postérieure de la langue opère une constriction au niveau du voile du palais.
  • consonne orale = l’air peut s’échapper par la bouche
  • consonne centrale = produits en laissant l’air passer au dessus du milieu de la langue, plutôt que par les côtés
  • mécanisme de courant d’air est égressif pulmonaire = articulés en poussant l’air par les poumons et à travers le chenal vocatoire, plutôt que par la glotte ou la bouche

[3] caractéristique phonétique :

  • phonation voisée ou sonore = les cordes vocales vibrent lors de l’articulation

[4] caractéristique phonétique :

  • phonation sourde = les cordes vocales ne vibrent pas lors de l’articulation

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