une petite histoire d’alphabet Africain

jeudi 6 décembre 2007
par  ʒildas kɔtɔmalɛ

La plupart [1] des langues écrites en Afrique noire d’avant les indépendances étaient l’œuvre des missionnaires dans le souci, entre autre, de pouvoir annoncer leur bonne nouvelle dans les langues autochtones. Les transcriptions variaient donc d’un lieu à un autre selon les auteurs (missionnaires catholiques et/ou protestants selon les groupes/confessions/ordres, et autres) et leur langue d’influence (allemand, anglais, arabe, italien, espagnol, français, portugais). [2]
Face à la cacophonie ambiante qui commençait à s’installer, il a fallu normaliser.

Alphabet international africain

L’IIAC -Institut des langues et civilisations africaines de Londres (Angleterre)-, sous la direction de Diedrich Westermann, rassemble le fruit de ses observations et de sa pratique du terrain et propose un AIA -Alphabet international africain en 1928.

Basé sur l’alphabet latin, cet alphabet se compose des caractères suivants :

caractères AIA (1928)
minuscule a b ɓ c d ɖ e ɛ ǝ f ƒ g ɣ h h x i j k
majuscule A B Ɓ C D Ɖ E Ɛ Ǝ F Ƒ G Ɣ H H X I J K
Name a be ɓa ce (tʃe) de ɖa e ɛ ǝ ef ga ɣe ha he ex i je (dʒe) ke
minuscule l m n ŋ o ɔ p r s ʃ t u v ʋ w y z ʒ ʼ
majuscule L M N Ŋ O Ɔ P R S Ʃ T U V Ʋ W Y Z Ʒ ʼ
Name el em en o ɔ pe ra es te u ve ʋi wa ya ze ʒi aʼa

Comme on le remarquera en consultant Bisharat : IIALC 1930 Practical Orthography of African Languages (rev. ed.), International Institute of African Languages and Cultures, London, 1930 ; les bases jetées ne changeront pas :
- tous les sons doivent être écrits et différenciés, mais il ne s’agit pas de ce phonétique à proprement dit
- on ne notera rien qui ne soit pas prononçable et on ne prononcera rien d’autre que ce qui aura été noté (donc une écriture bijective à l’instar des systèmes d’écriture des langues d’Europe du nord)
- les tons et les allongements sont notés par des signes convenus, évitant ainsi la création d’autres lettres
- le classement des lettres suivra la convention suivante : les voyelles nasales suivent les voyelles normales tandis que les voyelles centrales sont placées après les voyelles nasales (o õ ö) ; les autres nouvelles lettres (consonnes) doivent être placées après la lettre dont elles dérivent (ɖ après d, et ʂ après s) ; les éventuelles lettres spéciales représentant les clics sont placés à la fin de l’alphabet.

Alphabet africain de référence

Aux indépendances les pays africains ont à cœur le développement de leurs langues, garantes et porteuses de valeurs culturelles. Ils poursuivent aussi dans la voix de l’harmonisation comme en témoignent les réunions organisées au sujet de l’harmonisation et la normalisation des alphabets (initialement par l’Unesco, puis avec son concours) :
- Bamako (Mali) en 1966
- Yaoundé (Cameroun) en 1970
- Cotonou (Bénin, ex Danhomey) en 1975
- Niamey (Niger) en 1978

La réunion de 1978 valide un ARA -Alphabet africain de référence qui comprend 56 caractères dans la version anglaise et 57 dans la version française (le ɑ en plus) dont les nouvelles lettres sont également des symboles de l’alphabet phonétique international :

caractères ARA (1978)
minuscule a ɑ b ɓ c d ɖ ɗ đ  
majuscule a ɑ B Ɓ C D Ɖ Ɗ Đ
minuscule e ɛ ǝ f ƒ g ɣ h i ɩ  
majuscule E Ɛ Ǝ F Ƒ G Ɣ H I Ɩ
minuscule j k ƙ l m n ŋ o ɔ p q  
majuscule J K Ƙ L M N Ŋ O Ɔ P Q
minuscule r ɍ s ʃ t ƭ ʈ ɵ u
majuscule R Ɍ S Ʃ T Ƭ Ʈ Ɵ U
minuscule ʊ v ʋ w x y ƴ z
PNG - 8.5 ko
z’
ce caractère, Z avec crochet haut droit, n’a jamais été codé.. !
ʒ
majuscule Ʊ V Ʋ W X Y Ƴ Z Ʒ

La réunion de Niamey recommanda l’usage d’une lettre avec ou sans accents diacritiques pour représenter un phonème. au lieu de digramme [3] ou trigramme [4]. Cette recommandation n’a hélas pas été entièrement suivie : les trigraphes ont été abandonnés (à ma connaissance) ; mais certains états ont préféré garder des digraphes pour des raisons d’attachement et non raisonnées.

Par rapport à 1928, il y a 14 nouveaux signes : c̱ ḏ đ ɩ ƙ q s ṯ ƭ ʈ ɵ x ƴ ẕ
Ces signes étaient déjà utilisés en pratique, mais n’étaient pas officialisés.

En 1982, la révision effectuée par Michael Mann et David Dalby introduit 14 autres signes, essentiellement en réponse aux digrammes qui n’avaient pas de signe : ʌ ƈ ç ɠ ɦ ɟ λ ɴ ɲ ƥ ɽ ω ƹ ʔ
Leurs usages sont attestés mais pas généralisés ; seuls deux symboles ne sont pas encore utilisés : ɦ ɴ

caractères ARA (1982)
a ɑ ʌ b ɓ c ƈ ç d ɗ ɖ đ e ɛ ǝ
f ƒ g ɠ ɣ h ɦ i ɩ j ɟ k ƙ l λ
m n ɴ ŋ ɲ o ɔ p ƥ q r ɽ s ʃ t
ƭ ʈ ɵ u ω v ʋ w x y ƴ z ʒ ƹ ʔ

Si le nombre de caractères officiels augmente (60 en tout), on note aussi l’élimination des majuscules dont l’usage est purement mimétique : “it is our view that no language requires upper and lower case varieties of every letter for its transcription, and we consider that the textual use of capital letters could be abandonded [sic] without detriment… to insist on the use of capitals in the writing of african languages is to impose on these languages an unnecessary western european convention...” [5]. On note également qu’il y a pratiquement tous les équivalents hameçonnés des lettres romaines de base. Par contre, plusieurs caractères en usage ne sont pas inclus dans cet alphabet : ʼ ɨ ø ɶ ʉ ƶ ʕ ɍ

Il y a cependant chaque fois un caractère problématique : Ʃ (1978) et λ (1982) ! Ces caractères sont utilisés depuis longtemps avec une signification particulière (et universellement admise) en science (opérateur mathématique et grandeur en physique) [6]...

Alphabet pan-nigérian

Ayant boycotté les réunions pan-africaines de 1978 et 1982, le gouvernement du Nigeria à travers son National Language Centre n’en a pas moins décidé d’uniformiser à l’écrit sa situation linguistique complexe [7] par la mise au point d’un alphabet susceptible de transcrire toutes les langues du territoire... Il fallait en outre un alphabet que l’on puisse retrouver sur les machines à écrire, outil administratif important.
En 1983, à Bénin, lors d’un colloque consacré à la question des machines à écrire, la maquette proposée en 1981 par le professeur de linguistique Kay Williamson et retouchée par des linguistes nigérians a été officiellement retenue comme le point de départ d’une recherche formelle.
Hermann Zapf, professeur et calligraphe allemand, en donnera la version définitive :

caractères PNA (1983) sans les diacritiques annexes (É é, È è et Ê ê)
Capitale A B Ɓ C D Ɗ E Ǝ E F G
Minuscule a b ɓ c d ɗ e ǝ e f g
Capitale H I J K L Ƙ L M N O
Minuscule h i j k l ƙ l m n o
Capitale P R S T U V W Y Z  
Minuscule p r s t u v w y z  

On notera que cet alphabet théorique de 35 lettres ne présente aucun digramme !
Le diacritique souscrit des lettres qu’on a citées là sous la forme Ẹ, Ṣ, etc., n’est normalement pas un point souscrit mais une barre verticale souscrite. On devrait donc écrire E̩, S̩, etc. Les graphies avec le point, cependant, sont de plus en plus courantes, des caractères précomposés étant prévus par Unicode, au contraire des graphies avec barre souscrite.
En réalité, le stock de caractères nécessaire pour les orthographes des langues du Nigeria est le suivant : ā a̱ ạ ḅ ɓ ḍ ɗ e̱ ẹ ɛ ə ḥ ị ɨ ƙ ṅ ṇ ŋ ñ n̄ o̱ ọ ɔ ʌ ṣ ụ ʼw ʼy ẓ ʼ

Nécessité...

L’idée sous-jacente était d’avoir une Afrique noire unie au niveau de son écriture afin que les politiques d’alphabétisation en langue nationale ne créent pas un isolement ou un cloisonnement. Cela devait faciliter le travail des linguistes et des sociologues initialement. L’idée de base a été gardée lors des réunions internationales pour la standardisation des caractères utilisés : il ne fallait pas entraver l’apprentissage des autres langues (en tout cas pas au niveau de la lecture et de l’écriture) pour les population devant se déplacer (travail, commerce, etc.) ; et il fallait arriver à conserver une certaine unité linguistique [8].
Pour ce dernier point en effet, les langues africaines ne sont pas circonscrites aux frontières arbitrairement posées par la colonisation. Il ne fallait pas se retrouver avec la multiplicité de systèmes d’écriture d’une langue nationale [9] ou d’une même langue ..transfrontalière, [10] cas par exemple de :
- ewe : Ghana, Togo,
- haussa : Bénin, Burkina Faso, Cameroun, Ghana, Niger, Nigéria, Soudan, Tchad,
- shona : Botswana, Mozambique, Zambie, Zimbabwe,
- swahili : Burundi, Mozambique, Ouganda, Rwanda, République Démocratique du Congo,
- yoruba : Bénin, Nigéria,
- wolof : Gambie, Guinée (Conakrie), Mali, Mauritanie, Sénégal,
- zulu : Afrique du Sud, Lesotho, Malawi, Mozambique, etc.

C’est l’une des raisons du faible succès de l’alphabet pan-nigérian qui en plus n’intègre pas les de symboles comme ŋ, ɛ et ɔ, largement repris dans d’autres alphabets latins d’Afrique...


[1] Cela n’est pas tout à fait vrai dans les régions où l’écriture était déjà pratiquée ; ce qui a permis à l’amarigna de traverser le temps

[2] exemple : français = igname ; anglais = enyam ; espagnol = iñam ; etc. autre exemple : français = icha tchou ; anglais = esha choo ; etc.

[3] ty, dy, ny, ly, sy, zy, ky, gy, kp, gb, pf , bv, ts, dz, nk, ng, nw, nh, ŋk, ŋg, ŋw, ŋh

[4] nch, nqh, nxh, ŋgc, ŋgq, ŋgx, kpl, gbl, phr

[5] Mann, Michael, and David Dalby. 1987. A thesaurus of African languages : A classified and annotated inventory of the spoken languages of Africa with an appendix on their written representation. London : Hans Zell Publishers.

[6] Ce genre de problème est inévitable avec l’emploi des lettres grecques où la physique et les mathématiques piochent leurs symboles

[7] on recense plus de 250 langues -pas toutes écrites- au Nigéria

[8] Toutes les langues n’utilisent bien sûr pas toutes les lettres possibles des différents alphabets proposés ; il s’agit surtout d’un socle de caractères commun avec des prononciations communes ou très voisines, chaque langue n’y retenant que ce qui lui est strictement nécessaire.

[9] Par exemple : amharique, bambara, ciluba, lingala, malgache, xhosa, etc. Ceci dit, le cas existe en Inde, en Corée, au Japon, etc. où plusieurs systèmes d’écriture se côtoient...

[10] L’inverse équivaudrait à avoir des alphabets différents pour la langue française selon le pays ou la région...


Portfolio

ARA78 minuscules ARA78 majuscules ARA82 AIA28 triple graphie

Commentaires

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mercredi 19 novembre 2008 à 19h45 - par  Jecko

Bonjour ʒildas kɔtɔmalɛ,

Ce qui est douteux n’est pas en soi que le site soit en français (celui-ci l’est aussi ..à 90 % mais cela est entrain d’évoluer) ; mais le fait que ce système d’écriture ne puisse que se dessiner (à la main donc) sur papier (ou en maitrisant en logiciel de dessin ?) !!!
Je répète donc, je n’ai pas encore trouver le moyen de pouvoir écrire cette réponse facilement en mandombe en plein XXIème siècle.. ! Sur le site du CENA, les exemples proposés sont bel et bien calligraphiés manuellement puis photographiés pour être mis sur le site (et cette méthode artisanale ne permet pas de copier-coller par exemple). Pour moi, c’est rédhibitoire..

Le système d’écriture n’étant pas inclut dans unicode, il n’est pas possible de lui faire profiter du numérique. Il s’agit d’un système d’écriture récent et à ma connaissance il faut plusieurs années (cela dépend des critéres) avant de l’introduire dans unicode.

Or le CENA avait refusé l’inclusion des symboles (ou caractères) du mandombe au moment où la proposition avait été faite, ce qui est bien dommage (et il est trop tard car le comité international a -pour l’instant- décidé de ne pas inclure de nouveaux symboles...)
C’est ma critique majeure.

D’ou vient cette information ? Ce que j’ai constaté c’est un effort du CENA pour introduire mandombe dans unicode.

Mandombe - unicode

Dans ce fil de discussion datant de 2004 il est dit qu’il faut dans le meilleur des cas (c’est à dire que cela n’arrive jamais) au minimun 3 ans pour introduire un système d’écriture dans unicode. Et nous sommes en 2008.

Je pense que cela est toujours d’actualité car il y a de plus en plus de conférence pour ce système d’écriture. D’ailleurs, il existe un nouveau site un peu plus...professionnel (si on ne traite que le contenu) ici (toujours en français ;) ).

Concernant la difficulté du language j’ai constaté qu’il existait certains ouvrages pour une première approche du mandombe mais je n’en ai trouvé aucun en France.

Cordialement,

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mardi 18 novembre 2008 à 02h46 - par  ʒildas kɔtɔmalɛ

Bonjour Jecko.

Ma phrase complète est : je suis désolé, mais je n’ai pas trouvé encore le moyen de pouvoir envoyer des mails en mandombe -ah oui, le site du CENA est en français-, ce qui est pas mal douteux pour un système d’écriture !) Ce qui est douteux n’est pas en soi que le site soit en français (celui-ci l’est aussi ..à 90 % mais cela est entrain d’évoluer) ; mais le fait que ce système d’écriture ne puisse que se dessiner (à la main donc) sur papier (ou en maitrisant en logiciel de dessin ?) !!!
Je répète donc, je n’ai pas encore trouver le moyen de pouvoir écrire cette réponse facilement en mandombe en plein XXIème siècle.. ! Sur le site du CENA, les exemples proposés sont bel et bien calligraphiés manuellement puis photographiés pour être mis sur le site (et cette méthode artisanale ne permet pas de copier-coller par exemple). Pour moi, c’est rédhibitoire..

Avant cela, je précisait : quelque soit les qualités que l’on peut leur trouver, les caractères du N’ko, de l’amharique et de l’ARA sont présents dans Unicode, ce qui facilite leurs utilisation informatique et donc leur diffusion (cela va avec la facilité de diffusion à l’heure où ce ne sont pas des scribes/copistes qui redessinent chaque livre.. Or le CENA avait refusé l’inclusion des symboles (ou caractères) du mandombe au moment où la proposition avait été faite, ce qui est bien dommage (et il est trop tard car le comité international a -pour l’instant- décidé de ne pas inclure de nouveaux symboles...)
C’est ma critique majeure.

Pour le reste, j’ai souligné son apparente complexité (pour moi), même s’il à l’air esthétique. J’ai également mentionné sa faible diffusion (ce qui changera je n’en doute pas).

Attention, il ne s’agit pas d’un rejet : je n’ai pas dit que ce n’était pas bien ou autre ; mais bien qu’il n’est pas prêt actuellement. Je le reconsidèrerai quand les points évoqué auront été résolus.
Merci.

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lundi 20 octobre 2008 à 15h47 - par  Jecko

Bonjour,

[...]
- ah oui, le site du CENA est en français-, ce qui est pas mal douteux pour un système d’écriture !

[...]

Pourquoi est-ce douteux ? Mais surtout qu’elles sont les critiques que tu peux émettre face au Mandombe ?

Cordialement,

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mercredi 6 août 2008 à 20h58 - par  ʒildas kɔtɔmalɛ

Si l’Afrique avait été colonisé par les asiatiques, il y a de fortes chances que les premiers systèmes d’écriture soient basés sur les sinogrammes. Les pays qui ont subit une forte influence arabe en gardent encore des traces au niveau de l’écrit : C’est ainsi que les noms s’écrivent en arabe dans les pays du Magrehb ; Et pendant longtemps, l’arabe modifié a été utilisé pour retranscrire le swahili, le malgache, le wolof, etc.

En dehors de l’usage de l’arabe modifié, la plus ancienne écriture connue en Afrique semble être le guèz. Cet alphasyllabaire ne permet pas, dans sa forme de base, d’écrire toute les sons africains ; mais il est assez évolutif pour permettre facilement l’adaptation (mais il reste le problème des tons). Sinon, il y a eu le le Bassa Vlah dont la genese n’est pas connue avec précision..

Depuis les indépendances, divers tentatives (surtout au Liberia) ont été faites, parmis lesquels (à ma connaissance) :

année - nom auteur(s) langue(s)
182x - syllabaire vai Dualu Bukele du Jondu, Liberia initialement pour transcrire la langue Vai, elle s’adapte bien aux autres langues mande, et a été normalisé en 1962 par le commité de standardisation du Liberia
1921 - syllabaire mende ou Ki-ka-ku (195 signes) Kisimi Kamara (1890-1962) longtemps utilisé par les locuteurs mende, a fini par ne plus etre d’usage suite aux diverses actions coloniales britaniques...
193x - syllabaire kpelle (88 signes) chef Gbili de Sanoyea, Liberia langue Kpelle dont on trouve les locuteurs essentielleemnt au Liberia et en Guinée
193x - sylllabaire loma (185 signes) Wido Zobo de Boneketa, Liberia langue du peuple Loma qui vit dans le County Loffa an nord-ouest du Liberia
1933 - alphabet Borama ou Gadabuursi Cismaan Yuusuf Keenadiid, frère du Sultan d’Obbia ce soomaali ou cismaanya visait a remplacer le système de Sheikh Uweys basé sur l’alphabet arabe...
1948 - syllabaire bété ou écriture Bouabre (plus de 400 signes) Frédéric Bruly Bouabré (1923 - aujourd’hui : artiste de renommée et aux œuvres profondes auquel les musées de Bilbao et Champillion entre autres, en passant par l’institut Goethe rendent hommages) pour les langues Bété et peut-être plus globalement la famille des langues Kru et son auteur y croit fortement
1949 - écritue n’ko Soleymane Kante (1922 - 23 novembre 1987) famille des langues mandées parmi les plus importantes le Bambara (bamanakan), le Dioula (dioulakan), le Malinké (mandinka), le Soninké ; avec des millions de locuteurs, principalement en Gambie, au Sénégal et au Mali.
195x - les alphabets peul Oumar Dembélé et Adoma Ba langues fulfude parlés un peu partout en Afrique de l’ouest par les haalpulaar’en (ou parfois toucouleurs) : Mauritanie, Sénégal, Mali, Guinée, Burkina Faso, Niger, Nigeria, Gambie, Tchad, Sierra Leone, Bénin, Guinée-Bissau, Soudan, République centrafricaine, Côte d’Ivoire, Ghana, Togo, Cameroun, Cap-Vert
1960 - écriture wolof Asane Faye les langues sénégambiennes, plus particulièrement le Wolof parlé au Sénégal, en Gambie et en Mauritanie.
1978 - écriture mandombé David Wabeladio Payi (15 janvier 1957 à aujourd’hui) Initialement utilisé pour transcrire les langues nationales de la République démocratique du Congo (le kikongo, le lingala, le tchiluba et le swahili), le système a été étendu à l’Afrique centrale et australe ; et l’académie de Mandombe qui est le centre de recherches scientifiques du CENA travaille sur la transcription de plusieurs langues d’Afrique subsaharienne.

Comme on le voit, l’écriture mandobe est la dernière arrivée.. Or il fallait s’y mettre sans quoi, les langues nationale de RDC n’aurait pû être enseigné par exemple :-) Les linguistes africains, dans la lignée de François Goundété, ont donc mis au point l’ARA qui demeure encore d’actualité.
Outre le fait, qu’elle a besoin de temps, ce syllabaires est aussi complexe que celui Bété (quand on compare à la simplicité de l’amahrique par exemple, au risque de déplaire à leurs auteur et auteur ; mais est-il possible de faire un alphasyllabaire aussi simple que celui de l’ojibwa meme si on retrouve les mêmes principes géometriques ?) : les liaisons du N’ko et le tracé des sinogrammes me paraissent comparativement un peu plus simples, mais c’est une question d’habitude. :-)
La diffusion de mandobe était limitée, puisqu’elle n’était enseignée que dans des écoles kimbanguistes... Mais c’est entrain de changer grâce au CENA, puisque cette écriture est maintenant enseignée dans les écoles primaires, secondaires et supérieures de RDC, en Angola, au Congo-Brazzaville.
Enfin, quelque soit les qualités que l’on peut leur trouver, les caractères du N’ko, de l’amharique et de l’ARA sont présents dans Unicode, ce qui facilite leurs utilisation informatique et donc leur diffusion (cela va avec la facilité de diffusion à l’heure où ce ne sont pas des scribes/copistes qui redessinent chaque livre.. je suis désolé, mais je n’ai pas trouvé encore le moyen de pouvoir envoyer des mails en mandombe -ah oui, le site du CENA est en français-, ce qui est pas mal douteux pour un système d’écriture !)
let’s wait and see, l’avenir nous dira...

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mercredi 6 août 2008 à 00h10 - par  ʒildas kɔtɔmalɛ

Ce n’est pas parce-que l’anglais utilise l’alphabet latin que l’on s’écrit que c’est du français ! ni l’inverse (puisque le français utilise un certain nombre de diacritiques et de ligatures)...
De la même façon, ce n’est pas parce-que le (méta) alphabet africain utilise des caractères de l’alphabet phonétique international que les langues qui l’utilisent sont écritens en phonétique...
Un certain nombre de points différencie d’ailleurs les deux systèmes.

- Les articulations doubles (occlusives et affriquées, surtout prénasalisées ou pas), quand elles existent, ne sont pas liées avec le caractère adéquat, mais écrites comme des digraphes

articulations doubles
notation IPA notation ARA
ɡ͡b gb
k͡p kp
m͡p mp
m͡b mb
n͡t nt
n͡d nd

De la même façon, les affriquées pour lesquelles il existent des caractères ligaturés sont transcrits comme des digraphes.

articulations doubles ayant des ligatures courantes
notation IPA ligature notation ARA
t͡s ʦ ts
d͡z ʣ dz
t͡ʃ ʧ
d͡ʒ ʤ
t͡ɕ ʨ
d͡ʑ ʥ

En règle générale, il n’y a pas de ligature esthétique ou fonctionnelle (s’il est possible que de telles combinaisons existent)

ligature courante notation ARA
æ ae
& et
fi
ff
ffi
ffl
fl
œ oe
st
ß sz
tt tt

- Toutes les lettres de l’alphabet phonétique international n’ont pas été reprise in extenso...
Beaucoup de caractères de l’alphabet phonétique international, bien qu’officiellement adoptés ne sont en pratiques pas utilisés.

différences notables
notation IPA notation Afro
ʃ sh
ʒ zh
ɗ ɖy
ɲ ny
c
j x
j
ŋ ng
θ th

Certains caractères n’ont pas la même valeur que dans l’alphabet phonétique international, tout comme cela arrive souvent pour les lettres de l’alphabet d’une langue à une autre : ainsi, le « jod » espagnol est noté « x », tandis que le « c » et le « j » sont les équivalents du « tch » et du « dj » français (respectivement « tʃ » et « dʒ » en alphabet phonétique)

- L’écriture des langues africaines est plus phonologique que phonétique d’une part.
L’écriture des langues africaines ne distinguent, d’autre part, pas autant de segments que l’alphabet phonétique pour les voyelles :

voyelles
API ARA classification
i, y
ɪ, ʏ
i hautes antérieures
ɯ, u
ʊ
u hautes postérieures
e, ø e moyennes-supérieures antérieures
ɛ, œ ɛ moyennes-inférieures antérieures
ɘ, ɵ
ǝ
ɜ, ɞ
ǝ moyennes centrales
ɤ, o o moyennes-supérieures postérieures
ʌ, ɔ ɔ moyennes-inférieures postérieures
æ
a, ɶ
a basses antérieures
ɐ
ɑ, ɒ
ɑ centrale et basses postérieures

Toujours concernant les voyelles, la quantité et la gémination ne sont pas indiquées (sauf parfois les allongements par répétition des voyelles)
Enfin, les tons, élément prépondérant des langues africaines, sont notés par accentuation des voyelles et non suivant le nouveau système de barres de l’alphabet phonétique

Bref, ils y a tellement de différences que l’affirmation selon laquelle il s’agit de l’ alphabet phonétique est gratuite et infondée.

Logo de B. C.
lundi 12 mai 2008 à 15h53 - par  B. C.

C’est simplement l’lphabet phonétique !

Logo de David
lundi 12 mai 2008 à 13h41 - par  David

encore un mensonge occidental. comme si c’est a eux de nous apprendre nos langues. ils croient toujours tout connaitre et veulent nous imposer comment on doit penser.

Gildas, j’ai vu l’article, mais franchement je n’adhere pas a ce truc. on a deja une ecriture de revelation divine qui est le madombe et je t’invite a regarder ca de tres pres.

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